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 La société de l'Ancien Régime

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MessageSujet: La société de l'Ancien Régime   Lun 26 Nov - 14:51


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MessageSujet: Re: La société de l'Ancien Régime   Lun 26 Nov - 14:52


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MessageSujet: Re: La société de l'Ancien Régime   Lun 26 Nov - 14:52

En 1789, le royaume de France est le pays le plus peuplé d'Europe avec 28 millions d'habitants.

La population est à 80% rurale.

La société de l'Ancien Régime se divise en 3 ordres:

- Ceux qui prient............... Le CLERGE........ 1% de la population.

- Ceux qui se battent........... La NOBLESSE...... 1% de la population.

- Ceux qui travaillent.......... Le TIERS-ETAT.... 98% de la population.

Le clergé

C'est le premier ordre du royaume du fait que le catholicisme est religion d'Etat.

La Noblesse

C'est l'ordre privilégié par excellence!

Le Tiers Etat

"C'est un tout qui n'est rien mais qui aspire à être quelquechose" (Abbé Siéyès).

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MessageSujet: Re: La société de l'Ancien Régime   Ven 1 Fév - 17:20

La société sous l'Ancien Régime




Les ruraux

_ Les paysans sont répartis en deux groupes: les indépendants et les dépendants. Les paysans aisés assurent la sécurité de leur famille parce qu’ils cultivent plus de vingt hectares bien qu’ils ne les possèdent presque jamais en totalité. Ils ont un cheptel conséquent (chevaux, boeufs, vaches, ovins) et du matériel (charrues, araires, herses, rouleaux) qu’ils peuvent prêter à leur voisin en échange d’un travail gratuit. Ils emploient domestiques et journaliers agricoles. Ils disposent d’excédents même en période de faible récolte ce qui leur permet de faire face si ce n’est de s’enrichir puisque les produits sont chers. Alphabétisés, ils veillent à une instruction correcte de leurs enfants, et sont le plus souvent détenteurs de pouvoir dans la communauté d’habitants. Chez les paysans dépendants, on trouve les exploitants d’une petite exploitation avec un cheptel réduit comme ceux qui n’ont qu’un jardin accolé à leur maison et qui louent leur services; tous ont besoin d’une, voire de plusieurs activités complémentaires (filature, tissage, artisanat rural, pêche, etc.)

_ Qu’ils soient dépendants ou indépendants, nos paysans sont tributaires de la communauté d’habitants qui régit le terroir. Ce terroir qui est presque toujours défini par les manses, les labours et le saltus. Les manses sont les parcelles qui contiennent à la fois la maison, la cour, les bâtiments pour le bétail et le jardin; ils sont très peu imposés. Les labours sont les champs productifs, ceux qui fournissent l’aliment aux hommes comme aux animaux; ils sont sujets à presque toutes les taxes et les impôts de l’Ancien Régime. Le saltus est l’ensemble de mauvaises pâtures, de taillis, de landes et de forêts qui appartiennent à la communauté et qui fournit des aliments pour le bétail, ainsi que le bois, les feuilles, les fruits, etc. La communauté d’habitants qui est l’ancêtre des conseils municipaux, assure la réglementation des travaux agricoles, la gestion des équipements, la défense des droits collectifs du terroir ainsi que la collecte des impôts directs de la monarchie.

_ Nos paysans dépendent aussi et surtout d’une seigneurie. A moins qu’ils ne cultivent des terres qui sont en alleu (terre libre et affranchie de tout droit seigneurial); elles sont essentiellement réparties dans le midi et le Massif Central. La seigneurie est le territoire qui constitue la propriété et la juridiction d’un particulier (noble ou bourgeois qui acheté une seigneurie) ou d’un collectif (communauté religieuse). En règle générale, une seigneurie se divise en deux parties: le domaine (la maison seigneuriale, le tribunal seigneurial, un parc entourant le manoir, une grande ferme proche (manouvriers ou fermiers soumis directement au seigneur), une chapelle, un moulin) et les censives qui sont et de loin la partie la plus considérable. Les censives sont les manses et les terres qui appartiennent au fief du seigneur. Elles concernent les propriétaires ou tenanciers qui, à cette époque, n'en ont pas la propriété complète, ils peuvent vendre, échanger ou léguer leurs biens mais toujours sous la tutelle du seigneur qui exige au passage sa petite taxe sur chacune de ces actions. Ces tenanciers sont donc soumis au cens (redevance annuelle, versée à date fixe, imprescriptible). Une partie des terres en censives doivent un "Champart" qui est le complément en nature du cens (entre 1/3 et 1/20 ème de la récolte).
Le seigneur met à disposition de ses sujets des installations indispensables aux communautés paysannes, moulin, four, pressoir moyennant finance: ce sont les banalités. Nos paysans doivent aussi au seigneur des jours de corvées (fauchage de ses prés, vendange de ses vignes, etc.). Ils doivent aussi dans certains cas le péage qui est le droit de circuler sur certains lieux de passage en s’acquittant de la somme demandée. Nous arrêterons ici la liste des taxes et impôt dus au seigneur. Il faut aussi dire pour être complet que dans certaines régions comme la Franche-comté et la Bourgogne survit le servage et la pratique de la mainmorte ( tous les biens du serf reviennent à sa mort au seigneur). Ce seigneur qui exerce par son bailli, son lieutenant de justice, son procureur fiscal, ses greffiers la justice civile (Sous l’Ancien Régime, il a renoncé le plus souvent, à la juridiction criminelle, c‘est la justice royale qui prend le relais). Le tribunal seigneurial arbitre le conflit entre paysans ainsi que les conflits entre les paysans et le ...seigneur. On le voit, la contrainte du seigneur est énorme pour ne pas dire exorbitante.

_ Ces paysans appartiennent en plus de la seigneurie à une paroisse. La paroisse est un territoire qui est délimité depuis fort longtemps. Les limites d’une seigneurie et d’une paroisse n’ont le plus souvent rien à voir. Le patron de la paroisse est le curé, il a en charge les âmes de ses paroissiens mais il doit aussi tenir registre des baptêmes, mariages, et sépultures comme cela lui est imposé depuis le Concile de Trente qui s’est achevé en 1563. La législation royale le contraint entre-autres à partir de l’ordonnance civile de 1667 à tenir ces registres en double. Elle veut même qu’il diffuse les ordonnances royales et qu’il soit un auxiliaire de justice.
Toute paroisse administre ses biens propres indépendamment des biens communaux: église, cimetière, presbytère, jardin, parfois une école. Ces biens paroissiaux ne sont pas gérés par le curé mais par la fabrique: assemblée de paroissiens qui n’est pas obligatoirement la communauté d’habitants. Ces membres sont les marguilliers, ils louent les terres perçoivent les rentes, le revenu des messes qu’ils reversent au curé et ont en charge l’entretien des bâtiments. Les revenus de la dîme auraient dû servir aussi à cet entretien particulièrement onéreux mais beaucoup de riches bénéficiaires (évêques, couvents) habitent loin et se fichent pas mal de la paroisse en question.

_ La dîme ecclésiastique: les paysans doivent s’en acquitter. "Le principe en est simple, si son application ne l’est pas: tous les hommes qui jouissent des fruits de la terre...doivent en donner une part, en principe le dixième, à l’église qui l’affectera à trois objets: la subsistance des pasteurs, l’entretien des bâtiments du culte, le soulagement des pauvres."(1) Le paiement se fait en nature, immédiatement après la récolte et c’est le cultivateur qui en a la charge et non le propriétaire. A l’origine, le décimateur aurait dû être le curé, mais il en fut vite spolié au profit des évêques, des chapitres de chanoines, des couvents, ce qui explique pourquoi elle ne retourne pas à la paroisse. "Elle s’investissait ou s’abîmait dans les opulences épiscopales, canoniales, régulières ou seigneuriales"(2).
L'éducation dans les campagnes est, on s'en doute, restreinte. Dans certaines régions, on trouve des écoles de village où la personne (le "maître"), qui enseigne est recrutée et rémunérée (souvent en nature) par les paysans eux-mêmes afin qu'il inculque à leur progéniture quelques notions de calcul et un début d'alphabétisation. L'Eglise ne participe que très peu à l'éducation du peuple des campagnes certainement parce que l'emprise qu'elle y exerce est très peu, voire pas du tout contestée.
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MessageSujet: Re: La société de l'Ancien Régime   Ven 1 Fév - 17:21

L'éconmie rurale n'a pas connu de grandes métamorphoses depuis la fin du Moyen-Âge. Le mode alimentaire est toujours sensiblement le même: céréales (froment, seigle, méteil, orges, sarrasin) en pains, bouillies ou galettes, légumes (poireaux, choux ou navets, pois et fèves) et fruits (sauvages ou du verger). Sans oublier la légendaire chataîgne. On consomme très peu de viande, le porc n'est élevé que dans les régions de glands et dans les provinces soumises à taxation du sel, il est difficile d'en conserver la viande, d'où la légende du cochon dans chaque ferme, du moins à l'époque moderne. Il en est de même de la vache qui fournit le lait, le fromage et les veaux, cela n'est pas vrai dans toutes les régions notamment les régions céréalières. L'animal du pauvre paysan est donc la brebis, animal frugal et producteur de laine, dont on consomme aussi la viande avec celle des volailles.





Les urbains

_ Le privilège des villes, c’est de s’administrer. Même si le pouvoir royal surtout à partir de Louis XIV veut empiéter sur cette prérogative, chaque ville a son échevinage ( il n’y a que le nom qui change). L'échevinage forme le Conseil de ville (ou de la Communauté de ville), avec le maire. Les échevins, tout comme le maire, sont des magistrats municipaux élus (par les notables) qui forment un conseil municipal avant l'heure. L’échevinage détient, survivance du Moyen âge, un certain droit de justice, notamment la juridiction de police, qui entre parfois en conflit avec celui du seigneur ou du roi. Les XVIème et XVIIème et les juridictions consulaires ainsi que les lieutenants de police, vont voir l'échevinage perdre une bonne partie de ces attributions judiciaires. Les échevins ont longtemps détenus des pouvoirs militaires importants du fait qu’ils devaient assurer l’entretien des murs et la défense de la ville. Toute ville possède des immeubles, des terrains. Toute ville a son budget, perçoit des taxes pour son propre compte comme elle établit et collecte les impôts du roi.

_ La ville de l’Ancien Régime derrière ses remparts, ressemble à un entrelacs inextricable de ruelles tortueuses, de carrefours irréguliers, de places biscornues, parsemée de chapelles, d’églises et de cimetières, parcourues par des ruisseaux. Certains quartiers et rues sont toujours spécialisés, parfois c’est par obligation comme les tanneurs et teinturiers qui se fixent sur le bord d’un ruisseau. Les quartiers riches et les quartiers pauvres voire misérables sont parfaitement délimités même si cette distinction sociale se trouve aussi dans les bâtisses à étages, les riches au premier, les pauvres au grenier. La ville est aussi parsemé d’espaces non construits qui comprennent des prés, des vignes des jardins, parfois de véritables champs. Certaines villes ont encore leur troupeau commun. Un siège toujours possible explique cette campagne miniature au sein des villes. De nombreux couvents bâtis avec la Contre-réforme en plus de ceux construits au moyen-âge occupent en général un espace très important. Voilà en quelques mots, comment peut être perçue une ville à l’époque moderne.

_ Les hommes dans la ville, eux, ne semblent être perçus qu’en groupe. Dans la ville chacun appartient à un corps, une corporation avec un statut juridique accepté par l’autorité judiciaire et administrative. Ce corps a un saint patron, un état d’esprit, une symbolique, des rites d’admission, une hiérarchie. Ces corps sont des communautés professionnelles d’effectif variable qui ont reçu du roi un monopole de travail et en sont jaloux. Mais les "prolétariats urbains ( un pluriel nuancé est ici plus exact qu’un singulier sommaire) ont probablement constitué les groupes les plus nombreux des villes, sinon la majorité."(3) Tous sont locataires, entassés dans une pièce, parfois deux, ils ne connaissent aucune hygiène, sont analphabètes. Ils se ruent sur l’emploi qui se présente, moissonneurs, vendangeurs, fileurs, etc. Ils sont à la merci des employeurs qui ne les gardent que le temps nécessaire à la tâche qui leur est impartie. On trouve aussi dans la ville, les médiocres, ni riches ni pauvres. Ils sont propriétaires d’un atelier, d’une boutique, sont de modestes commerçants ou de petits entrepreneurs qui sont loin d’être à l’abri d’un pépin. (mauvais payeurs, faillites en cascade, etc.).

_ La ville ne serait pas la ville sans ses bourgeois. A commencer par la bourgeoisie administrative. Elle fait partie intégrante de la monarchie, on y trouve les officiers de judicature des tribunaux royaux, les procureurs, les notaires, les greffiers, les professeurs de droit à l’université, les médecins. Viennent ensuite les officiers de finances qui sont plus riches que les bourgeois de la caste précédente; ils exercent un métier moins noble mais plus lucratif. La bourgeoisie propriétaire, celle qui vit des rentes qu’elle reçoit, ne se débrouille pas mal non plus sur le plan lucratif. Elle n’hésite pas à multiplier les placements financiers. La bourgeoisie marchande, avec les grands ports de la façade atlantique ou l’essor de plus en plus marqué du secteur cotonnier dans les manufactures, commence à financièrement peser de plus en plus lourd.





La noblesse

- "Le noble est d’abord celui qui possède plus que tout autre la vertu qui établit l’honneur et l’aptitude au commandement, aussi bien dans l’armée que dans l’administration. ce mérite est transmis par le sang à travers les générations..."(4) Comme beaucoup de nobles ont péri lors des guerres dans lequel le royaume était engagé, l’anoblissement des roturiers est permis mais il doit se faire progressivement afin que le prosélyte n’ait plus aucune trace de roture. L’anoblissement s’opère par étapes: abandon de professions non-nobles (artisanat, manufacture ou commerce), achat d’office, achat de seigneurie, adoption de loisirs nobles. Seul le roi a le droit d’anoblir. Il anoblit par lettre d’anoblissement mais cette pratique est peu utilisée et il anoblit surtout par charges qui s’achètent et se lèguent à des prix élevés. Parmi les charges anoblissantes on trouve les commensaux du roi, les charges de judicature, et les charges de finances parmi les plus nombreuses.

_ La noblesse est divisée en cinq grands groupes: les grands qui comprennent les princes du sang, les princes d’origine étrangères ainsi que les ducs. Ils constituent l’élite de la noblesse, briguent une entrée au conseil du roi, un gouvernement provincial ou un commandement militaire. Et pourtant ces grands nobles n’ont jamais accepté le pouvoir royal, surtout s’il se fait absolutiste, c’est pourquoi on les trouve à la tête de certaines révoltes antifiscales . En deuxième position vient la noblesse seconde de tradition militaire et formée de lignages puissants à l’échelon provincial. Les troisièmes sont la noblesse de robe. Avec l’affirmation de l’absolutisme les carrières administrative peu recherchées au XVIè siècle sont de plus en plus prisées. Au quatrième rang, on trouve les gentilshommes qui sont les plus importants sur le plan numérique. Ils possèdent une forte puissance sociale grâce à leur seigneurie. Et pour finir l’énumération, le dernier groupe est la noblesse pauvre à la limite du tiers-état.





l’Église

_ L’Église est une institution millénaire qui avait sous Charlemagne mis en place la dîme, l’impôt le plus lourd sur les produits bruts. Elle avait imposé son calendrier qu’on appelle grégorien, en 1582, en datant chaque jour d’un nom de saint, en marquant les heures par des prières et des cloches, en imposant un jour de repos hebdomadaire, les fêtes, les carêmes, etc. L’Eglise qui ressemblait à une société démocratique à ses débuts, s’est féodalisée comme presque toute l’Europe. Elle est entrée par ses évêques et ses abbés dans le jeu des suzerainetés et des vassalités, des seigneuries, des fiefs, des rotures. Au XVIIè siècle presque toutes les grandes seigneuries sont d’Église, elle posséde dans la France du nord entre le quart et la moitié des seigneuries rurales.

_ L’Eglise est divisée en séculiers et réguliers. Les réguliers sont ceux qui choisissent la vie monastique, qui ont renoncé à la vie civile. Les séculiers sont les prêtres, les curés, qui eux font partie de la vie civile. Ils dépendent à la fois du pouvoir civil et du pouvoir ecclésiastique. Les réguliers n’obéissent en principe qu’à l’abbé ou abbesse (chef de l’abbaye) et au-delà seulement au pape.

_ Il existe une lutte sourde entre l’Église et le pouvoir royal, à moins que ce ne soit une attirance mutuelle. Bien que déchirée par l’épisode protestant, tiraillée en son sein par des querelles, dont la querelle janséniste n’est pas la moindre, L’Eglise a malgré tout conservé assez de puissance pour que la monarchie cherche à la contrôler, et à contrôler le clergé français. L’Eglise, elle, a pénétré le pouvoir, elle est présente dans chaque cour de justice, dans les parlements, au conseil, à la cour, à la Chapelle, jusque dans la famille royale. Même le simple curé assure le rôle d’agent local du pouvoir royal.

_ C’est surtout avec le Concordat de Bologne signé en 1516 entre le pape et François 1er que la monarchie réussit sa grande intrusion au sein de l’Église. Désormais le roi de France se voit confié la nomination à tous les évêchés et à la plupart des abbayes. C’est donc par l’évêque que la royauté exerce son emprise sur l’Église. Après les guerres de Religion , il a fallu reprendre en main les curés. Les évêchés instituèrent les séminaires diocésains où l’on forme des prêtres dignes, consciencieux, rigoureux mais coulé dans un moule, dépourvu d’esprit critique (suis-je bête! c’est certainement ce qu’on leur demande).
L’État par les édits royaux s’immisce de plus en plus à l’intérieur de l’Eglise. L’évêque contrôle le droit de confesser et de prêcher, il a même le droit de suspendre ou d’emprisonner les prêtres diocésains qui lui déplaisent sans aucune justification (édit de 1695). Ce même édit permet de contrôler les réguliers en visitant notamment les monastères qui se disent exempts de la juridiction de l'évêque. Une commission des réguliers est instituée en 1766 par l’assemblée du clergé qui permet à l'évêque un droit de regard encore plus important sur les réguliers.

_ Ainsi le pouvoir royal et l’Église sont intimement liés. Ils fonctionnent ensemble, même si l’un cherche à empiéter sur l’autre, pour assurer la pérennité de l’État et du système de centralisation qui en découle. L’Eglise de France par son administration, ses privilèges, sa justice, sa richesse foncière, seigneuriale et décimale fait obstacle à toute réforme sérieuse, s’érige contre les idées nouvelles qui éclosent au XVIIIè siècles. Son combat d’arrière-garde va s’avérer fatal au régime monarchique.




Le Système monétaire

_ Des pièces d’or (écu et louis après 1640), d’argent et de billon (mélange de cuivre et d’argent) sont fabriquées sous l’Ancien Régime. La livre tournois (de Tours) fait office de monnaie nationale à partir du XVIème. Elle remplace la livre parisis (de Paris). La livre tournois contient 18 grammes vers 1500 pour n’en contenir plus que 4,5 dans les années 1730, date à laquelle elle se stabilise grâce à la reprise en main qui suivie la banqueroute de Law (1671-1729). L’Ancien Régime est donc coutumier de la dévaluation. Aucune pièce de monnaie ne comporte de valeur sur leur face (un buste de roi, du latin, et de la décoration: un soleil sur les écus). La valeur de chaque pièce est fixée par ordonnance royale. Quand il faut dévaluer on déclare qu’un écu vaut désormais x livres tournois alors qu’il en valait (x-1) livres tournois. Ce qui veut dire que la livre tournois possède désormais 1/x d’argent du poids total de la pièce au lieu de (1/(x-1)), on est donc obligé de refondre la monnaie.

_ Dans ce bon royaume de France, certains princes ont le droit jusqu’au milieu de XVIIème siècle de fabriquer de la monnaie; en général ils imitent en toute légalité les pièces du Royaume (Taiwan n’a rien inventé). La monnaie étrangère circule librement: la monnaie espagnole, italienne, anglaise, impériale. Les marchands qui commercent dans toute l’Europe ont leur propre côte de monnaie qui n’est pas la même que celle du royaume de France. De plus il circule chez la majorité des personnes des monnaies telle que le liard qui n’ont aucune valeur réelle ou officielle et qui peuvent même être refusées mais que l’usage a rendu permissif.

_ La majorité rurale vit essentiellement du troc ou du "coup de main" qui permet souvent de régler ses dettes à son créancier, et, quand ce n’est pas le cas, le paiement se fait la plupart du temps en nature. Les ruraux n’utilisent les pièces de monnaies que pour régler les impôts qu’ils doivent au roi (le décimateur et le seigneur se servent en nature ou prélèvent leur part sur les récoltes). Les grands marchands eux utilisent le modèle italien: le billet, la lettre de change (un créancier donne par écrit l’ordre à un débiteur de payer telle somme au bénéficiaire désigné) ou les opérations de crédits.

_Alors que depuis belle lurette les cités-états de Gênes, Venise ou Valence ont crées leur propre banque d’État, alors qu’Amsterdam a la sienne depuis 1609 et que les Anglais fonde la Banque d’Angleterre en 1694, la France n’a pas de banque d’État ni de banque privée indépendante sous l’Ancien Régime. Il faudra attendre Napoléon 1er (1769-1821). Deux explications à cela, les financiers du royaume sont la grande noblesse, la haute Église et les ministres du gouvernement. De cette façon le régime ne peut se passer d’eux. Si l’on fonde des organismes financiers indépendants ils perdent presque tout ce qui fait leur utilité. Et puis, il y a l’échec de la tentative de Law qui va refroidir les Français quant à l’utilisation du billet de banque pendant des lustres. On le voit, la France de l’époque moderne est une France autarcique qui pratique essentiellement une économie de subsistance et dont profite largement une seule minorité de rentiers.




(1) , (2) et (3): Les Français et l’Ancien Régime. T1: la société et l’État. Pierre Goubert et Daniel Roche, Armand Colin, 1984.
(4): La France à l’époque moderne, Guy Saupin, Armand Colin, 2000.
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MessageSujet: Re: La société de l'Ancien Régime   Sam 2 Fév - 21:10

Les guerres de Religion (1559-1598)






Les Origines

_ Si la France a été épargnée par le luthéranisme, il n’en va pas de même pour le Calvinisme. Le royaume compte vers 1560 prés d’un million de réformés (1), principalement répartis dans le sud (seule la Normandie compte, au nord, un nombre important de calvinistes): Poitou, Aunis, Saintonge, Guyenne, vallée de la Garonne, Bas-Languedoc, Cévennes, Dauphiné, Lyonnais. Le calvinisme est surtout l’affaire des élites urbaines et de la noblesse d’épée: Louis de Bourbon, prince de Condé (1530-1569), amiral Gaspard de Coligny (1519-1572) parmi les plus célèbres.

_ Avec la paix d’Augsbourg (1555) signée entre Charles Quint et les princes luthériens du Saint Empire Romain Germanique, catholiques et protestants prônent le principe qu’il ne doit exister dans un état qu’une seule religion, celle du prince ou du monarque. Les protestants français entendent bien tirer leur épingle du jeu d’autant plus qu’avec la mort d’ Henri II en 1559, la royauté est fragilisée. Le roi François II est sous l’emprise des Guise, notamment sous celle de François de Guise (1519-1563), chef de guerre qui a fait ses armes sous Henri II . Mais ils sont loin de faire l’unanimité parmi les nobles du royaume.

_ Les nobles huguenots sous la direction de Louis de Bourbon, prince de Condé, autre chef militaire d’ Henri II , décident de soustraire le jeune roi à cette influence qu’ils jugent néfaste. C’est la conjuration d’Amboise (mars 1560). Les calivinistes veulent prendre Amboise où le roi et sa cour se sont réfugiés, avertis d'un complot qui se tramait. Mais les Guise parviennent à contrer les conjurés qui sont férocement châtiés.





La première guerre (mars 1562-mars 1563). Édit d’Amboise

_ François II meurt le 13 décembre 1560. Charles IX lui succède. C’est la régente Catherine de Médicis (1519-1589) qui tient les rênes du pouvoir. Elle cherche l’apaisement notamment lors du colloque de Poissy (1561). Mais c’est un échec dû à l’intransigeance des deux camps qui fourbissent leur armes et se cherchent des alliés à l’étranger: Angleterre et princes allemands protestants pour les calvinistes, l’Espagne de Philippe II (1527-1598) pour les catholiques.

_ Catherine de Médicis poursuit sa politique d’apaisement et promulgue le 27 janvier 1562, l’édit de Saint-Germain qui accorde aux protestants une certaine liberté de culte. C’est plus sûrement l’étincelle qui met le feu aux poudres, car l’édit mécontente les catholiques. Il est à l’origine du massacre de protestants à Wassy (Haute-Marne), le 1er mars 1562, par François de Guise. Cette fois c’est la guerre. La bataille majeure de cette première guerre sera celle de Dreux (19 décembre 1562) qui verra la victoire de François de Guise sur les Protestants. Il est assassiné en février 1563 par un huguenot Poltrot de Méré alors qu’il se prépare à envahir Orléans. En mars 1563 cette guerre se termine par l’édit d’Amboise. Il reconnaît la liberté de conscience et autorise le culte dans certains lieux.







La deuxième guerre de Religion (septembre 1567-23 mars 1568). Édit de Longjumeau

_ Cette fois encore, ce sont les huguenots qui passent à l’offensive avec Condé et Coligny qui, comme lors de la conjuration d’Amboise, tentent (les 26-27-28 septembre 1567) de s’emparer au château de Montceau de la personne du roi Charles IX qui a une personnalité aussi peu marquée que celle de son prédécesseur, et de lui imposer un conseil huguenot. Le roi et Catherine de Médicis parviennent à se réfugier à Paris, désormais bloqué par les Protestants. Lors de l’affrontement de Saint-Denis (10 novembre 1567) Anne de Montmorency (1493-1567), chef de guerre du clan catholique qui s’est illustré durant les guerres d’Italie trouve la mort. Condé assiège alors Chartres, grenier à grain de la capitale où la famine menace. On signe la paix de Longjumeau en mars 1568 qui rétablit l’Édit d’Amboise.




La troisième guerre de Religion (août 1568-août 1570). Édit de Saint-Germain

_ Le roi et la reine mère persuadés que la politique de tolérance est vaine décident de frapper un grand coup. Ils appliquent l’ancien droit de saisine datant de la période féodale et confisquent les domaines royales de la reine de Navarre, Jeanne d’Albret, mère d’ Henri . Ceux-ci se sont réfugiés à La Rochelle, qui s’affirme déjà comme l’une des grandes villes huguenotes, où ils sont rejoints par Condé et Coligny. Charles IX décide de faire occuper la Navarre et le Béarn qui sont des états indépendants de la couronne de France par ses troupes.

_ C’est de nouveau la guerre. Les protestants connaissent deux défaites retentissantes, celle de Jarnac (13 mars 1569) où Condé trouve la mort après s’être rendu et celle de Moncontour (3 octobre 1569). Un nouveau chef de guerre vient d’émerger du côté des catholiques le duc d'Anjou Coligny parvient à rétablir la situation chez les protestants. Après avoir contourné le Massif-Central avec ses troupes, il menace Paris. On conclut alors la paix de Saint-Germain le 8 août 1570 qui accorde aux protestants d'importantes concessions (liberté de culte, plus quatre places de sûreté (La Rochelle, Montauban, Cognac, La Charité)).



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MessageSujet: Re: La société de l'Ancien Régime   Sam 2 Fév - 21:11

La quatrième guerre de Religion (automne 1572-juillet 1573). Édit de Boulogne

_ Charles IX et Catherine de Médicis cherchent ensuite à réconcilier la famille régnante des Valois avec celle des Bourbons. Le mariage d’ Henri de Navarre et de Marguerite de Valois (1553-1615), soeur du roi, fera l’affaire. Le mariage a lieu à Paris le 18 août 1572. Le vendredi 22 août, un tireur (commandité par qui? plusieurs noms sont cités: Catherine de Médicis, Henri d'Anjou , Henri de Guise (1550-1588), etc.) attente à la vie de Coligny qui ne meurt pas. Les gentilshommes huguenots venus assistés au mariage sont furieux contre la famille royale. Celle-ci, paniquée, dans la nuit du 23 au 24 août décide de se prémunir des protestants en éliminant leurs nobles rassemblés à Paris. C’est le fameux massacre de la Saint-Barthélemy qui voit le peuple de Paris se joindre au massacre. Henri de Navarre, lui, est retenu prisonnier à la cour.


_ Cette tuerie est suivie de Saint-Barthélemy provinciales de septembre à novembre: Orléans, Lyon, Rouen, Bordeaux, Albi ou Toulouse. Nombre de huguenots du Nord s’enfuient à l’étranger, ceux du Centre-Ouest et du Midi, s’organisent pour résister. La guerre reprend donc. Le principal fait d’arme se situe à La Rochelle où la ville en révolte est assiégée par le duc d'Anjou en février 1573. Elle tiendra jusqu‘en juin, date à laquelle les deux partis concluent l'accord de La Rochelle. La paix générale se fait dans la foulée. Devant l‘opiniâtreté des protestants du Centre-Ouest et du Midi, le roi leur accorde le 11 juillet 1573, avec l‘édit de Boulogne, la liberté de conscience et une relative liberté de culte.





La cinquième guerre de Religion (1574-mai 1576). Édit de Beaulieu

_ Suite à la Saint-Barthélemy, les protestants du sud fondent l’Union du Midi qui est une véritable république. Le plus jeune fils d’ Henri II, François d’Alençon, duc d'Anjou (1554-1584) prend la tête des "malcontents" catholiques. Ils se joignent aux huguenots et se soulèvent contre le roi. Henri III (duc d’Anjou qui a succédé à Charles IX ) doit accepter la paix de Beaulieu (6 mai 1576) dite "paix de Monsieur" car François d’Alençon, frère du roi y a joué un rôle important. Les protestants obtiennent une liberté de culte presque totale et huit places de sûreté. Cette paix de Beaulieu qui mécontente les catholiques les pousse à créer, sous l'impulsion des Guise, la Ligue de Péronne (Picardie). Elle est fondée sur le Manifeste de Péronne qui appelle à la défense de la religion catholique. Le pape Grégoire XIII (1502-1585) et Philippe II d'Espagne la soutiennent.





La sixième guerre de Religion (août 1576-septembre 1577). Édit de Poitiers

_ En août 1576, les protestants occupent Agen. Henri de Navarre, qui s'est enfui de la cour en février, prend la tête des opérations huguenotes. François d’Alençon, lui, a rejoint le clan catholique (mené par les ligueurs) qui remporte les victoires suivantes: La Charité-sur-Loire (Nièvre) le 1er mai 1577, bataille d’Issoire (Puy de dôme) le 12 juin 1577, prise de Brouage (Charente-Maritime) en août 1577. La paix de Bergerac, par l’édit de Poitiers de septembre 1577 met fin à cette sixième guerre. Si les protestants se voient brimés dans leur liberté de culte qu'ils ne peuvent exercer partout dans le royaume comme lors de la paix de Beaulieu, ils conservent néanmoins leurs 8 places fortes.





La septième guerre de Religion (novembre 1579-novembre 1580). Paix de Fleix

_ La prise de la Fère (Aisne) par les Huguenots déchenche de nouveau les hostilités. Ils prennent ensuite Cahors (Lot). Les Catholiques leur reprennent la Fère mais perdent Bergerac, etc. En novembre 1580, les deux belligérants se mettent d'accord avec la paix de Fleix qui conforte les places de sûreté chez les protestants. Elles passent de 8 à 15, mais seulement pour 6 ans.





La huitième guerre de Religion (été 1585- 30 juin 1598). Édit de Nantes.

_ Le 10 juin 1584, meurt François d’Alençon. Puisque qu’ Henri III n’a pas d’héritier, c'est Henri de Navarre qui, par la loi salique, est l’héritier présomptif. A Paris dans les premiers jours de 1585, se constitue une ligue populaire érigée en société secrète prête à prendre le pouvoir dans la capitale. L’éventualité d’un roi hérétique amène à la ligue nombre d’adhérents et de sympathisants. La ligue de Paris rejoint celle des Guise, et la guerre reprend. Espagnols, Anglais et Allemands se mèlent au conflit. Les catholiques remportent des victoires dans l'Est (Verdun, Toul, Châlons).

_En septembre 1585, le pape Sixte Quint (1529-1590) excommunie Henri de Navarre . Cela n’empêche pas ce dernier de tailler en pièce l’armée royale lors de la bataille de Coutras ( 20 octobre 1587). Henri III , lui, à Paris, a du mal à se soustraire à l'influence des Guise et de la Ligue qui se sont alliés à Philippe II d'Espagne (1527-1598). Le 9 mai 1588, bravant le roi, Henri De Guise (1550-1588) entre dans la capitale, Henri III fait venir les troupes royales dans Paris. C’est l’émeute, le roi fuit à Chartres, les ligueurs prennent la tête de Paris. Le roi est obligé de s‘aligner sur la politique des Guise.

_En août 1588, I’Invincible Armada (nom de la flotte espagnole) est détruite alors qu'elle se lançait à l'assaut de l'Angleterre. Le soutien étranger des Guise et de la Ligue est affaibli. Le roi veut reprendre l’initiative lors des États généraux de Blois. Il fait tout bonnement assassiner les Guise (Henri et son frère Louis II cardinal de Lorraine ). Paris qui apprend la nouvelle, se soulève une nouvelle fois par l’entremise de la Ligue. Henri III choisit le camp d’ Henri de Navarre . Les deux hommes projettent de conquérir Paris. Mais cela se fera sans Henri III car le 1er août 1589 Jacques Clément (1567-1589) met fin aux jours du monarque.

_ Henri IV est donc roi, un roi protestant avec un peuple à majorité catholique. Du mois d’août 1589 au mois de mai 1593, l’intransigeance du roi et des ligueurs empêche la situation de se débloquer. L'essentiel des opérations va se dérouler en Bretagne où les ligueurs reçoivent le renfort des troupes espagnoles. Les Anglais ne sont pas en reste et envoient eux aussi des troupes pour contrer leur vieil ennemi Phillipe II. Pourtant, aucun camp n’est en mesure de l’emporter.

Le 17 mai 1593, l’évêque Renaud de Beaune annonce la conversion du roi. Le processus de paix est enclenché mais il faudra deux ans pour transformer "le protecteur des Églises réformées en roi Très Chrétien ...le sacre du roi à Chartre le 27 février 1594...l’entrée d’ Henri IV au petit matin du 22 mars 1594 dans "sa" capitale et, enfin pour couronner le parcours, l’absolution pontificale accordée le 17 septembre 1595"(2).

Les ligueurs n’ont pas tous renoncés pour autant, c’est pourquoi la déclaration de guerre contre L’Espagne en janvier 1595 est un coup de maître, puisqu’il fait passer les princes ligueurs du côté des traîtres qui soutiennent l’ennemi Philippe II. Cette guerre sera surtout l’occasion de soumettre ces princes. Ce sera chose faite avec la soumission des derniers ligueurs de Bretagne en mars-avril 1598 et la chute de Nantes. La paix peut désormais se faire avec l’Espagne, traité de Vervins (2 mai 1598). Elle se fait aussi au niveau intérieur par l’Édit de Nantes (deux jours plutôt, le 30 avril) qui conserve le christianisme romain comme religion d’État et accorde aux protestants le droit d‘exister. Cet Edit ne sera promulgué qu'un an plus tard du fait de l'opposition des Parlements. Le roi doit leur forcer la main et leur faire certaines concessions.





Le prolongement des Guerres de Religion

_ Le Béarn est à l’origine de la reprise des hostilités lors du règne du jeune Louis XIII . Le 25 juin 1617, un arrêt rétablit le culte catholique dans la province. Les troupes royales envahissent le Béarn et prennent Pau le 15 octobre 1620. La Rochelle se soulève le 25 décembre. La bataille de L’île-de-Ré est une victoire royaliste le 16 avril 1622, mais le roi ne peut prendre Montpellier qu’il assiège de août à septembre de la même année. La paix de Montpellier le 19 octobre 1622, maintient l’Édit de Nantes mais les protestants sont affaiblis politiquement et militairement.

_ Le cardinal de Richelieu (1585-1642) est nommé principal ministre et chef du conseil du roi en 1624. S’il doit faire face à quelques prises d’armes sans grandes conséquence celle de La Rochelle (10 août 1627) poussée par les Anglais qui tentent de s’installer à l’île-de-Ré est préoccupante. Ce sera le fameux siège de la Rochelle qui se terminera par la reddition de la ville en Novembre 1628. Puis il soumettra les derniers insurgés languedociens avec la capitulation d’Alès du 27 juin 1629. Ce 27 juin voit donc la conclusion de la paix d’Alès. S’ils conservent la liberté de culte les protestants voient leurs structures politiques et militaires détruites.

_Le dernier acte se joue avec Louis XIV. En 1661, il fait fermer les temples non conformes avec les stipulations de l’Édit de Nantes. En 1664, les protestants sont exclus de certaines professions. En 1681, ils subissent la dragonnade du Poitou (on loge chez les protestants des dragons qu’on encourage à toutes sortes d’excès afin d’obliger leur hôtes à se convertir au catholicisme; dictionnaire Hachette), en 1683 celle des Cévennes, et, en 1685, la grande dragonnade du Midi. Le 18 octobre 1685, l’Édit de Fontainebleau révoque l’Édit de Nantes. Près de 200 000 huguenots partiront à l’étranger.
D'autres choisiront la Résistance comme les Camisards des Cévennes. Pour fuir les persécutions les huguenots cévenols se refugient dans les montagnes où ils s'abritent dans des forteresses. Ils mènent des actions de guérilla contre les troupes royales. On les nomme camisards car ils recouvrent leur armure d'une chemise blanche (Camiso en languedocien) comme signe de reconnaissance lors de leurs actions guerrières. Leur principal chef est un fils de boulanger Jean Cavalier (1681-1740). En 1702, les camisards entrent carrément en lutte ouverte contre le pouvoir royal et contre les catholiques. Toutes les Cévennes s'enflamment. Le pape excommunie les camisards, la soldatesque royale rase quelque 450 villages mais rien n'y fait. Les camisards en 1704 ont une armée de 10 000 hommes, ils peuvent passer en Suisse et nombre d'Etats protestants les soutiennent. Le maréchal de Villars (1653-1734), commandant des forces royales achète la reddition de Cavalier contre un grade de colonel dans l'armée assorti d'une pension et du commandement d'un régiment . Ces troupes ne le suivent pas car elles veulent le rétablissement total de l'édit de Nantes. D'autres chefs prennent le relais. Mais si le combat dure jusqu'après 1710, il perd en intensité. En 1715, année de la mort de Louis XIV, les protestants tiennent un synode près de Nîmes. Ils lui ont survécu.

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MessageSujet: Re: La société de l'Ancien Régime   Sam 2 Fév - 21:12

Les Rois de France







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Louis XIIILouis XIVLouis XVLouis XVI





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MessageSujet: Re: La société de l'Ancien Régime   Mar 5 Fév - 14:58

Trop souvent, on abuse de jours fériés sans trop savoir le pourquoi de ce répit national. Chaque prochain jour férié, j'ai décidé de vous expliquer l'histoire de ces jours qui sont chômés.
DE LA PRISE DE LA BASTILLE

Au début de l’année 1789, les Etats généraux s’étaient transformés en Assemblée nationale constituante après avoir refusé leur dissolution. Le roi Louis XVI a alors fait venir de nouvelles troupes au mois de juillet et renvoyé le ministre populaire: Necker. Au matin du 14 juillet, le peuple de Paris s’insurgeait en prenant les armes aux Invalides pour s'emparer et délivrer les quelques prisonniers enfermés dans la forteresse royale: la Bastille. La prise de la Bastille fût la première victoire du peuple de Paris contre un symbole de l'Ancien régime. La Bastille fût d’ailleurs intégralement démolie quelques mois plus tard.

Le 14 juillet devint la «fête de la Fédération» en 1790, pour célébrer l’insurrection. Cette commémoration fût abandonnée sous le régime de Gambetta (IIIe république) qui cherchait à célébrer les fondements du régime. Le 14 juillet devint finalement fête nationale de la République en 1880, sur proposition de loi du 6 juillet 1880 par Benjamin Raspail, député de la Seine. Le 14 juillet fût grandement célébré en 1919 et 1945 après les victoires de la première et seconde guerre mondiale.
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MessageSujet: Re: La société de l'Ancien Régime   Mar 5 Fév - 14:59

...À LA GARDEN PARTY DANS LES JARDINS DE L'ELYSEE

Chaque année à Paris a lieu le traditionnel défilé militaire sur les Champs-Elysées, comme sur cette photo en 1966. Depuis la présidence de Jacques Chirac, en 1995, de nombreux jeunes de la France entière ainsi que des militaires étaient invités à une réception donnée dans le parc du Palais de l'Elysée, la fameuse «Garden party». En 2007, la forme évolue quelque peu: les sportifs médaillés dans l'année écoulée paraderont aussi sur la plus belle avenue du monde, et des dizaines de pays seront représentés dans le défilé. Autre révolution, le nouveau président de la République ne donnera pas une interview à quelques journalistes triés sur le volet, mais une conférence de presse pour répondre à tous.

Sinon, partout en France sont organisés des bals populaires, des feux d’artifices… les soirs du 13 et 14 juillet. À l’étranger, les consulats et ambassades organisent également des réceptions pour les ressortissants français
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